Aucune comparaison entre Honda et Ducati dans le MotoGP actuel : un fossé insurmontable

Aucune comparaison entre Honda et Ducati dans le MotoGP actuel : un fossé insurmontable

Le MotoGP 2025 révèle une réalité brutale qui ne laisse aucune place au doute : le gouffre entre Ducati et Honda est devenu tel qu’il est désormais impossible de comparer les deux constructeurs sur un pied d’égalité. Alors que la marque italienne domine le championnat avec une autorité écrasante, accumulant 74 points après seulement deux courses et remportant sept des huit premières courses de la saison, Honda peine encore à sortir la tête de l’eau malgré quelques signes d’amélioration. Cette disparité sans précédent illustre à quel point l’équilibre des forces s’est déplacé dans le championnat du monde de vitesse moto.

Marc Márquez, le pilote qui incarne cette transition historique, a lui-même vécu cette transformation radicale en passant du bateau qui coule au navire qui règne. Après avoir remporté six titres MotoGP avec Honda, l’Espagnol a rejoint Ducati en 2025 et s’est immédiatement retrouvé en position de dominer le championnat de manière quasi-absolue. Son parcours personnel devient le symbole le plus frappant de l’écart technique qui sépare désormais ces deux géants de la discipline. Les chiffres parlent d’eux-mêmes : 14 victoires en sprint et 11 victoires en Grand Prix pour Márquez en 2025, un palmarès qui témoigne de la supériorité écrasante du package Ducati.

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La domination écrasante de Ducati dans le MotoGP actuel

La performance de Ducati en 2025 dépasse tout ce que le MotoGP a connu ces dernières années. Avec Marc Márquez comme fer de lance, la Desmosedici GP25 s’est révélée être une machine quasi imbattable qui combine puissance, maniabilité et fiabilité dans des proportions jamais vues. La marque de Borgo Panigale a réussi à élargir encore son avance, augmentant son score de 3 points par rapport à la même période en 2024, ce qui démontre une progression continue malgré un niveau déjà très élevé.

L’Espagnol a décroché sept des huit premières courses de la saison, ne manquant qu’une seule victoire lorsqu’il a chuté alors qu’il menait le Grand Prix des Amériques avec deux secondes d’avance. Cette quasi-perfection illustre non seulement le talent du pilote, mais surtout la supériorité technique de la moto italienne. Selon les déclarations de Márquez à Motorsport, la Ducati offre un avantage décisif à la sortie des virages : “À la sortie du virage, c’est la Ducati. C’est une façon de faire le temps.”

La philosophie de pilotage de la Ducati s’oppose diamétralement à celle de Honda. Alors que la RC213V demandait une attaque agressive en entrée de courbe pour être performante, la Desmosedici privilégie une approche mesurée à l’entrée suivie d’une accélération explosive à la sortie. “Chez Ducati, c’est l’opposé. Soyez prudent sur la première partie, puis la différence de temps se fait plus à la sortie”, explique Márquez. Cette caractéristique technique donne aux pilotes Ducati un avantage considérable sur les longues lignes droites et lors des dépassements.

Au-delà de la performance pure, Ducati bénéficie également d’un programme de développement exemplaire et d’une capacité d’adaptation remarquable. La marque italienne a su créer une moto qui convient à différents styles de pilotage, comme en témoigne le fait qu’elle équipe huit pilotes sur la grille, tous capables de performer. Cette polyvalence technique représente un atout majeur qui contraste fortement avec les difficultés de Honda à développer une machine compétitive.

La cohérence des résultats Ducati se reflète également dans le classement constructeurs où elle creuse un écart “abyssal” selon les analyses de Paddock GP. Cette domination ne se limite pas à un ou deux pilotes performants, mais s’étend à l’ensemble de l’écurie, démontrant que l’avantage technique est bien réel et non le fruit d’un talent individuel exceptionnel.

Les difficultés persistantes de Honda malgré quelques progrès

Si Honda occupe une surprenante deuxième place au classement constructeurs avec 26 points, soit 18 points de plus qu’à la même période en 2024, cette amélioration ne doit pas masquer l’écart considérable qui subsiste avec Ducati. Les 48 points qui séparent les deux marques représentent un gouffre presque impossible à combler dans les conditions actuelles. La RC213V reste une moto difficile, capricieuse, qui demande des compromis constants à ses pilotes.

Johann Zarco a été le principal artisan de cette relative embellie chez Honda, réalisant une performance impressionnante en Argentine avec une troisième place en qualifications, une quatrième place au sprint et une sixième place en course. Ces résultats, bien que louables dans le contexte actuel de Honda, restent bien loin du podium régulier et des victoires qu’engrange Ducati. Zarco lui-même reconnaît les limitations de la moto japonaise, même s’il salue les progrès accomplis.

Joan Mir, champion du monde 2020, exprime une frustration palpable face aux performances de la RC213V. “Nous travaillons bien”, admet-il, “mais être régulièrement dans le top 10 et les résultats obtenus par Johann Zarco en Argentine démontrent que notre package est maintenant compétitif.” Cette déclaration révèle à la fois l’ambition limitée de Honda et la reconnaissance implicite qu’un top 10 représente désormais un succès pour la marque. Une situation impensable il y a quelques années, lorsque Honda et Marc Márquez dominaient le championnat.

Les améliorations techniques apportées par Romano Albesiano, qui a rejoint Honda avec la mission de redresser la barre, commencent à porter leurs fruits, mais le chemin reste long. La nouvelle méthode de travail dans les stands et l’approche de développement renouvelée ont permis de stabiliser la moto, mais pas encore de la rendre véritablement compétitive face aux Ducati. Les problèmes fondamentaux de châssis, d’électronique et de gestion des pneus persistent.

Le rythme de course des pilotes Honda demeure problématique, comme le soulignent les observateurs après les tests de Sepang. Si les performances sur un tour rapide se sont améliorées, la capacité à maintenir un rythme compétitif sur la distance d’un Grand Prix reste déficiente. La moto souffre toujours d’un manque de grip à l’arrière qui empêche les pilotes de pousser avec confiance, créant une situation où ils doivent choisir entre prendre des risques inconsidérés ou accepter un rythme médiocre.

Le témoignage de Marc Márquez sur l’aucune comparaison entre Honda et Ducati

Personne n’est mieux placé que Marc Márquez pour établir une comparaison directe entre les deux machines, lui qui a construit sa légende chez Honda avant de briller sur une Ducati. Ses commentaires révèlent des différences philosophiques fondamentales dans la conception des deux motos, des différences qui expliquent pourquoi il n’existe aucune comparaison possible entre Honda et Ducati dans le MotoGP actuel.

“Chez Honda, c’est la première partie du virage”, explique Márquez. “Si vous êtes rapide dans la première partie du virage, alors vous serez rapide. Chez Ducati, vous gérez l’entrée puis vous poussez à la sortie.” Cette distinction technique peut sembler mineure pour un néophyte, mais elle révèle en réalité deux approches radicalement différentes de la compétition moto. La Honda exige une prise de risque maximale dès l’entrée de courbe, avec tous les dangers que cela comporte, alors que la Ducati permet une approche plus contrôlée qui optimise la vitesse de sortie et l’accélération.

L’Espagnol reconnaît également que son bras, blessé lors de sa tentative de retour prématurée à Jerez en 2020, n’est plus le même qu’il y a cinq ans. “Le bras fonctionne bien, mais ce n’est pas le même bras qu’il y a cinq ans”, confie-t-il. “Il est acceptable pour être compétitif sur la moto, comme je le montre. Dois-je ajuster d’autres choses ? Oui. Mais le résultat final est là.” Cette blessure, qu’il qualifie de “seul moment” de sa carrière qu’il changerait s’il le pouvait, l’a handicapé pendant des années chez Honda, où la moto exigeait une force physique considérable.

Le passage à Ducati a permis à Márquez de retrouver non seulement le plaisir de piloter, mais aussi et surtout la capacité de gagner régulièrement. Sa domination en 2025, avec sept victoires sur huit courses possibles au début de saison, illustre à quel point la moto italienne lui convient mieux que la Honda de ses dernières années au sein de la marque japonaise. Cette transformation spectaculaire de ses performances ne peut s’expliquer uniquement par une amélioration de sa condition physique : c’est bien la supériorité technique de la Ducati qui fait la différence.

Mat Oxley, journaliste et analyste respecté du MotoGP, a souligné que Márquez dispose désormais d’une “machine plus compétitive” chez Ducati comparé à ses dernières années chez Honda. Cette observation, aussi évidente soit-elle, résume parfaitement l’impossibilité de comparer les deux constructeurs sur un plan d’égalité. Quand le meilleur pilote de sa génération ne peut briller qu’avec l’une des deux marques, c’est bien la preuve qu’il n’y a aucune comparaison possible entre Honda et Ducati dans le contexte actuel.

L’écart technique insurmontable révélé par les classements constructeurs

Les chiffres du classement constructeurs après les Grands Prix de Thaïlande et d’Argentine dressent un portrait sans appel de l’état du MotoGP en 2025. Ducati trône en tête avec 74 points, suivie de loin par Honda avec 26 points, soit un écart de 48 points qui équivaut presque au double du score du deuxième. Cet écart représente bien plus qu’une simple avance au classement : il symbolise un fossé technologique que Honda ne peut espérer combler à court terme.

Pour mettre ces chiffres en perspective, Honda a certes progressé de 18 points par rapport à 2024, mais cette amélioration reste dérisoire face à la domination continue de Ducati. La marque italienne a même augmenté son score de 3 points par rapport à l’année précédente, démontrant qu’elle continue d’évoluer alors qu’elle part déjà d’un niveau technique supérieur. Cette capacité d’amélioration constante chez Ducati contraste avec les efforts désespérés de Honda pour simplement retrouver un niveau de compétitivité acceptable.

Le contraste devient encore plus frappant lorsqu’on compare Honda aux autres constructeurs. KTM, qui occupait la deuxième place du championnat constructeurs en 2024 avec 50 points après deux courses, se retrouve cette année quatrième avec seulement 22 points, une chute de 28 points. Cette dégringolade de KTM, malgré un line-up de pilotes impressionnant comprenant Pedro Acosta, Brad Binder, Enea Bastianini et Maverick Viñales, démontre que les difficultés ne se limitent pas à Honda. Mais elle souligne également que Honda ne progresse pas vraiment : ce sont les autres qui régressent.

Yamaha, avec seulement 13 points et une perte de 2 points par rapport à 2024, confirme que la crise des constructeurs japonais est loin d’être terminée. Fabio Quartararo, pourtant champion du monde 2021, exprime ouvertement sa frustration : “Je savais que nous ne pouvions pas combattre les leaders, mais pas à ce point. Cet hiver, je pensais que nous avions fait un pas en avant, mais j’ai peur de m’être trompé.” Ces mots du Français résonnent comme un écho des difficultés rencontrées également chez Honda, où les espoirs de progrès se heurtent régulièrement à la réalité des chronos.

Aprilia, avec 22 points, se retrouve dans une situation frustrante où les performances auraient pu être meilleures sans la disqualification d’Ai Ogura en Argentine, qui a coûté huit points à l’équipe. Mais même avec ces points supplémentaires, la marque italienne resterait loin derrière Ducati, confirmant que seul un constructeur domine véritablement le championnat. Cette domination unilatérale pose des questions sur l’équilibre compétitif du MotoGP et sur la capacité des autres marques à rattraper leur retard.

Les perspectives d’avenir et l’impossibilité d’une comparaison équitable

Alors que nous progressons dans la saison 2025, il devient de plus en plus évident qu’il n’existe aucune comparaison possible entre Honda et Ducati dans le MotoGP actuel, et que cette situation pourrait perdurer pendant plusieurs années. Les investissements massifs de Ducati dans le développement, couplés à une approche technique visionnaire et à une capacité d’adaptation remarquable, ont créé un avantage structurel difficile à renverser à court terme.

Honda fait face à des défis multiples qui vont bien au-delà de la simple amélioration des performances de la RC213V. La marque japonaise doit repenser sa philosophie de développement, moderniser ses processus de travail et, peut-être plus important encore, retrouver la confiance de ses pilotes. L’arrivée de Romano Albesiano représente un pas dans la bonne direction, mais les résultats tardent à se concrétiser de manière significative. Les progrès observés en 2025, bien que réels, restent insuffisants pour combler l’écart avec Ducati.

Le défi pour Honda ne se limite pas à rattraper Ducati : la marque doit également faire face à la compétition d’April ia, dont le potentiel reste élevé malgré quelques contretemps, et surveiller les développements chez KTM et Yamaha qui, malgré leurs difficultés actuelles, possèdent les ressources nécessaires pour rebondir. Cette course à plusieurs niveaux rend la tâche de Honda encore plus complexe, car chaque progrès risque d’être annulé par les améliorations des concurrents.

La situation financière et stratégique joue également un rôle crucial. Ducati peut se permettre d’investir massivement dans le développement grâce aux succès commerciaux générés par ses performances en piste. Honda, en revanche, doit justifier chaque euro dépensé dans un contexte où les résultats sportifs ne suivent pas. Cette dynamique crée un cercle vicieux où le manque de succès limite les investissements, qui à leur tour limitent les chances de succès futur.

Les régulations techniques futures pourraient offrir une opportunité de rééquilibrage, mais Ducati a démontré une capacité remarquable à s’adapter à chaque changement réglementaire. La marque italienne semble toujours avoir une longueur d’avance dans l’interprétation des règles et dans l’optimisation de ses ressources. Honda devra non seulement rattraper son retard actuel, mais aussi anticiper les évolutions futures du règlement pour espérer revenir au premier plan.


La saison 2025 du MotoGP a confirmé de manière éclatante qu’il n’existe aucune comparaison entre Honda et Ducati dans le championnat actuel. L’écart de 48 points au classement constructeurs après seulement deux courses, la domination absolue de Marc Márquez sur sa Ducati avec sept victoires sur huit courses, et les témoignages des pilotes eux-mêmes démontrent l’existence d’un fossé technique majeur. Alors que Ducati repousse constamment les limites de la performance en MotoGP, Honda lutte encore pour retrouver un niveau de compétitivité acceptable, célébrant un top 10 comme un succès alors que ses rivaux italiens accumulent les victoires.

Cette disparité soulève des questions importantes sur l’avenir du championnat et sur la capacité des constructeurs japonais à inverser la tendance. Le parcours de Marc Márquez, passé du stationnement dans les profondeurs du classement avec Honda aux sommets avec Ducati, résume à lui seul l’impossibilité de comparer ces deux univers techniques. Pour que Honda puisse à nouveau être mentionné dans la même phrase que Ducati autrement que pour souligner leur différence, un travail colossal de reconstruction technique et stratégique sera nécessaire, un travail qui prendra des années plutôt que des mois.

Photo de profil de Jeremy Bastonde, auteur sur PitStopInsight

Par Jeremy Bastonde

Jeremy Bastonde est un passionné de Formule 1 et de sport automobile. Sur Pitstop Insight, il partage ses analyses et ses insights sur les courses, les équipes et les pilotes grâce à son expertise en stratégie de course et en technologie F1.