L’année 2025 en Formule 1 a été celle d’une transition fragile pour Aston Martin, un constructeur dont les ambitions ont souvent semblé prendre le pas sur ses performances concrètes en piste. Alors que l’équipe espérait consolider sa position dans le Top 5 du championnat des constructeurs, elle a finalement dû se contenter d’une lutte serrée pour la sixième place, accumulant 68 points tout au long de la saison. Ce bilan mitigé soulève des questions sur la direction prise par Aston Martin face aux nouvelles réglementations à venir en 2026, et sur la manière dont l’écurie compte se repositionner.
Ce regard critique sur la saison 2025 s’accompagne d’une réflexion sur la voiture phare, l’AMR25, et de ses limites actuelles. La performance de Fernando Alonso, tout comme celle de Lance Stroll, illustre un déficit de vitesse de pointe et d’efficacité aérodynamique qui, malgré quelques coups d éclats, ne permettent pas encore à Aston Martin de rivaliser pleinement avec les grands leaders comme Red Bull ou Ferrari. Au fil de la saison, l’équipe a dû faire face à plusieurs défis techniques et stratégiques, tout en préparant la transition vers une configuration plus compétitive en 2026, année où le règlement sera profondément remanié.
Le contexte de cette année transitoire est également marqué par une volonté claire d’expérimentation : améliorer la stabilité du châssis, ajuster l’aérodynamique, et optimiser la compatibilité entre le moteur et le châssis. L’objectif est clair, mais la route pour y parvenir est semée d’embûches. Alonso, fidèle à lui-même, a insister sur la nécessité de traiter ces six dernières courses comme une opportunité de test tout en conservant la motivation intacte pour la saison décisive qui s’annonce.

Contexte et performances d’Aston Martin en 2025
L’année 2025 a surtout été celle d’un compromis pour Aston Martin, avec un bilan en demi-teinte. La saison a débuté sur les chapeaux de roue à Melbourne, mais rapidement, la performance de l’AMR25 a montré ses limites. L’équipe a peiné à reproduire la stabilité et la rapidité attendues sur des circuits emblématiques comme Silverstone ou Spa, tout en devant faire face à une forte concurrence de la part de Ferrari, Mercedes et Red Bull.
Le principal défi rencontré par Aston Martin a été de développer une voiture à la fois rapide et fiable, capable de performer dans des conditions variées. Pourtant, l’AMR25 a souffert d’un déficit de rythme de pointe et d’un déficit d’efficacité aérodynamique, particulièrement en fin de course. La situation s’est illustrée lors de quelques courses clés, notamment à Bakou ou à Monza, où l’équipe a sous-performé face à ses adversaires directs.
Fernando Alonso a souvent été le moteur de feedback pour les ingénieurs. Sa capacité à analyser finement chaque réglage a permis à l’équipe de continuer à ajuster la voiture, mais cela n’a pas suffi pour faire basculer la saison dans la zone des podiums réguliers. Pour Lance Stroll, cette année a été celle de la confirmation : il a montré une certaine constance, mais avec un potentiel encore non exploité en pleine expansion.
L’un des grands enjeux de 2025 a été de gérer ce que l’équipe qualifie comme un “année de transition”, où l’objectif principal était d’accumuler des données et de tester diverses configurations pour préparer 2026. La conduite de cette phase expérimentale s’est révélée indispensable, même si elle a souvent laissée un goût d’inachevé, renforçant la nécessité d’une nouvelle étape en 2026 avec le remaniement réglementaire prévu.
AMR25 : caractéristiques et retours d’Alonso
L’AMR25 s’inscrit dans cette logique d’adaptation et de compromis. Concrètement, la voiture repose sur une plateforme qui privilégie la stabilité du châssis et une direction aérodynamique modulable. L’attention a été portée à une propulsion conçue pour offrir un bon équilibre entre la puissance et la fiabilité, tout en étant adaptée aux nouvelles normes à venir.
Parmi les principales caractéristiques techniques de l’AMR25, on retrouve :
- Une aérodynamique en quête d’optimisation : l’équipe a tenté d’affiner le compromis entre appui et vitesse de pointe, mais les résultats ne sont pas encore au niveau des références du peloton.
- Une propulsion hybride adaptée, avec des réglages finement ajustés par rapport aux nouvelles normes 2026, mais dont la performance reste encore perfectible face aux autres motoristes.
- Une gestion de la stabilité en virage : l’AMR25 propose une agilité correcte, mais montre ses faiblesses dans la constance, notamment lors des longues courses ou sur circuits complexes comme Singapour.
Alonso a souvent insisté sur la nécessité de “faire quelque chose de différent” dans la configuration de la voiture pour améliorer ses performances. Bien que le pilote ait privilégié un feedback détaillé, il reste discret sur les aspects techniques précis. Cependant, il a souligné l’importance d’optimiser la configuration pour maximiser l’efficacité en course, surtout sur des tracés à forte charge aérodynamique.
Les tests effectués tout au long de la saison ont permis de recueillir des données essentielles sur la fiabilité et le comportement de l’AMR25. La direction technique travaille d’ores et déjà sur des ajustements en vue des évolutions possibles pour 2026, intégrant les nouvelles règles. La priorité est de développer une plateforme flexible, capable d’évoluer rapidement pour répondre aux exigences futures.
Règlement 2026 : remaniement des châssis et moteurs
Le plus grand tournant pour Aston Martin et l’ensemble du paddock en 2026 sera sans doute le remaniement complet du règlement technique, notamment en ce qui concerne les châssis et les moteurs. Cet overhaul vise à favoriser une plus grande compétitivité, tout en cherchant à réduire les écarts et à renforcer l’aspect durable et innovant de la F1.
Pour Aston Martin, cela représente un double défi : repenser profondément l’interaction entre le châssis et la motorisation, tout en respectant les nouvelles normes d’efficacité et de durabilité.
Les principaux axes du règlement 2026 sont :
- Un châssis modifié, avec des exigences accrues en matière de structure et d’aérodynamique, pour favoriser des voitures plus intégrées et moins dépendantes de configurations extremes.
- Des moteurs remaniés, intégrant une unité électrique plus puissante et plus fiable, qui doit permettre de réduire la consommation tout en conservant une haute performance.
- Une nouvelle gestion thermique, avec l’introduction de refroidisseurs et de kits spécialisés pour des conditions extrêmes, comme en Asie ou au Moyen-Orient.
Ce contexte réglementaire pousse Aston Martin à accélérer ses efforts de R&D. La collaboration avec des fournisseurs de pièces, l’optimisation de la chaîne d’approvisionnement et le développement d’un prototype flexible sont au cœur de leur stratégie. L’enjeu étant de démarrer 2026 avec une plateforme prête à tirer parti des innovations pour combler le retard accumulé en 2025.
Pour en savoir plus sur comment Aston Martin se prépare à cette transition, la lecture de l’article dédié à la réglementation 2026 et ses stratégies est vivement recommandée.
Comparaison avec les concurrents
En 2025, Aston Martin occupe une position fragile dans le peloton, souvent dépassée en performance par des équipes telles que Ferrari ou Red Bull. La différence de rythme, surtout en vitesse de pointe, reste un facteur déterminant dans cette année de transition. La compétition est rude, et les écarts se creusent rapidement, illustrant que même à mi-saison, Aston Martin doit redoubler d’efforts pour rattraper ses rivaux.
Sur certains circuits, tels que Monza ou Budapest, la faible charge aérodynamique a mis en lumière les faiblesses d’AMR25 face à des concurrents plus efficaces dans ces conditions. D’un autre côté, en circuits techniques ou avec beaucoup de virages rapides, l’équipe a montré qu’elle pouvait rivaliser en termes d’endurance et de stratégie.
Les autres équipes majeures, notamment Ferrari et Mercedes, travaillent activement à leurs évolutions pour 2026. Ferrari mise sur une nouvelle architecture moteur combinée à des ajustements aérodynamiques, tandis que Mercedes se concentre sur la fiabilité et la réactivité.
Ce contexte concurrentiel oblige Aston Martin à maintenir une vitesse de développement élevée, malgré une saison qui aurait pu laisser penser qu’ils naviguaient dans une zone de confort. La nouvelle réglementation joue également en faveur de rattrapages stratégiques, mais la marge reste étroite pour atteindre le top du peloton en 2026.
Ce que cela signifie pour 2026 et perspectives
L’année 2025 aura été celle d’un apprentissage difficile, avec de nombreux ajustements à effectuer pour que l’avenir de la marque soit plus radieux. La mise en place de ces nouveaux règlements techniques, associée à l’expérience accumulée sur cette saison, doit permettre à Aston Martin de relever la tête dès 2026.
L’objectif principal sera d’intégrer la nouvelle plateforme moteur-châssis pour maximiser les gains en performance sans compromettre la fiabilité. La collaboration avec des experts comme Newey ou Cardile dans le domaine de l’aérodynamique et de l’ingénierie sera déterminante pour la réussite de cette mutation.
Les efforts porteront également sur la gestion humaine et stratégique, en évitant le surmenage de l’équipe tout en assurant une montée en puissance progressive. Alonso et Stroll seront des acteurs clés pour guider cette transition, leur retour d’expérience étant précieux dans le développement des futures voitures.
Ce que l’on peut attendre, c’est une période de renaissance pour Aston Martin, dont la capacité à exploiter la nouvelle réglementation 2026 sera la clé pour revenir dans la lutte pour les podiums et, pourquoi pas, pour le championnat. La saison prochaine s’annonce donc comme une étape cruciale, un vrai défi à relever avec confiance et ambition.
Actualisé le 15 décembre 2025.
Par Jeremy Bastonde
Jeremy Bastonde est un passionné de Formule 1 et de sport automobile. Sur Pitstop Insight, il partage ses analyses et ses insights sur les courses, les équipes et les pilotes grâce à son expertise en stratégie de course et en technologie F1.