Antonelli mène le championnat F1 2026, mais est-il plus rapide que Russell ?

George Russell partait grand favori pour le titre 2026 avant même le coup d’envoi, fort des performances Mercedes lors des essais hivernaux. Les bookmakers voyaient ensuite un mélange de Charles Leclerc, Max Verstappen, Lando Norris ou Oscar Piastri en embuscade, parfois même Fernando Alonso. Kimi Antonelli, lui, n’entrait pas vraiment dans la danse. Pourtant, après trois manches, l’Italien de 19 ans mène le championnat avec neuf points d’avance et deux victoires contre une seule pour son coéquipier.[1][2]

Malgré la malchance de Russell en début de saison, Antonelli mérite sa position. Arrivé en F1 l’an dernier avec un mélange d’euphorie et de doutes, le protégé Mercedes a su gérer la pression. L’équipe avait pris soin de tempérer les attentes pour laisser le jeune Italien s’adapter au circus. Comme tant de talents passés, il fallait l’extraire du rough pour briller.

Russell reste le favori des parieurs, mais Antonelli est plus proche que prévu. La question est simple : qui est le plus rapide des deux ? Le petit échantillon des trois premières courses – Australie, Chine, Japon – donne des indices, avec un écart infime qui pourrait tout changer.

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Vitesse sur un tour : Russell garde un léger avantage

La comparaison la plus directe passe par les supertimes, qui mesurent le meilleur tour d’un pilote en pourcentage par rapport au temps absolu de référence. À Melbourne, Russell signe la pole, Antonelli à moins de 0,3 s (0,373 % d’écart). En Chine, malgré la pole d’Antonelli en qualifications classiques (aidé par la panne de Russell en Q3), c’est en sprint qualif que l’Anglais domine de 0,313 %.

Antonelli reprend l’ascendant au Japon avec 0,336 % d’avance sur son aîné. Globalement, Russell est à 0,112 % du théorique parfait, contre 0,230 % pour Antonelli. Sur un tour référence de 1’30”000, cela donne 1’30”101 pour Russell et 1’30”207 pour l’Italien – soit 0,106 s d’avance, un rien que résument mieux sortie de courbe ou vitesse de pointe.

Cet écart mince est typique d’un duo Mercedes homogène. Avant la saison, lors des essais pré-saison à Bahreïn où Antonelli mena un doublé Mercedes, les deux semblaient au coude-à-coude. Russell bénéficie de son expérience, mais Antonelli progresse vite, comme en témoigne sa pole à Suzuka.[3]

Les bookmakers n’avaient pas vu venir ce duo si serré. Verstappen et Norris patinent derrière, tandis que Mercedes capitalise sur sa W17. Russell a maximisé le potentiel en qualif malgré des soucis de réglages au Japon.

Pourtant, un dixième, c’est volatile. Une meilleure adhérence ou un draft subtil inverse la donne. Antonelli, déjà top 6 l’an dernier en Australie, Chine et Japon, confirme son aisance sur ces circuits.

Rythme en course : Antonelli devant, mais de justesse

Évaluer le rythme pur est plus ardu, les deux Mercedes ayant souvent bataillé dans le trafic au départ – un mal chronique chez les Flèches d’Argent. On se concentre sur les stints en air propre : Australie dès le tour 20 (après VSC, Ferrari loin devant) et Chine à partir du tour 29 (Russell en 2e).

En Australie (tours 21-58, hors VSC), Antonelli tourne en moyenne à 1’22”958 contre 1’23”057 pour Russell – 0,099 s/lap d’avance, soit 3,543 s sur 38 tours. Voici un extrait des écarts :

TourAntonelliRussellÉcart
2182.78182.670+0.111
2382.58282.828-0.246
2483.22283.466-0.244
5082.90383.087-0.184

À Shanghai (tours 30-56, hors dérapage d’Antonelli au 53), l’Italien moyenne 1’35”869 contre 1’35”860 pour Russell – un cheveu de 0,009 s/lap en faveur de l’Anglais sur 26 tours. Écart cumulé : 0,2 s.

Antonelli plus fort globalement en course, malgré le trafic japonais où Russell a dû défendre contre McLaren et Ferrari. Sa pole et victoire au Japon, boostée par safety car, contrastent avec son départ raté (perte de point de patinage d’embrayage).

Russell invoque malchance : pannes, mauvais réglages. Mais la data parle : moins d’un dixième sépare les deux, alternant selon weekends. Mercedes a prolongé Russell et Antonelli jusqu’en 2026, signe de confiance mutuelle.

Les défis à venir : l’Europe comme vrai test

Les départs manqués plombent Mercedes, même McLaren (motorisée Mercedes) moins touchée au Japon. Antonelli, plus fringant en course, doit exorciser ses démons européens. L’an dernier, rookie, il galéra avec le passage à une suspension anti-lift, perdant en confort.

Russell, veteran des circuits du Vieux Continent, peut reprendre l’ascendant. Antonelli vise le record du plus jeune champion, aux côtés de Jannik Sinner dans la vague italienne. Pour l’instant, ils sont épaule contre épaule.

La saison 2026, avec ses règles sur la gestion d’énergie, favorise les jeunes adaptables. Mercedes domine tôt, mais Ferrari et McLaren rodent. Consultez les derniers classements sur Formula1.com.[1]

Si l’écart reste autour d’un dixième, tout reste ouvert. Russell doit imposer son statut de leader, Antonelli consolider son avance précoce. L’Europe dira qui mérite vraiment la couronne.

Rien ne les départage nettement pour l’instant. Antonelli incarne le futur, Russell l’expérience – un duel passionnant pour le titre. Mercedes tient son meilleur coup depuis longtemps, mais la suite s’annonce rude. Qu’attendre de Miami et au-delà ? La réponse en piste.

Photo de profil de Jeremy Bastonde, auteur sur PitStopInsight

Par Jeremy Bastonde

Jeremy Bastonde est un passionné de Formule 1 et de sport automobile. Sur Pitstop Insight, il partage ses analyses et ses insights sur les courses, les équipes et les pilotes grâce à son expertise en stratégie de course et en technologie F1.