La saison 2025 de Formule 1 s’inscrits comme l’une des plus complexes et éprouvantes pour l’équipe Alpine F1 depuis ses débuts en élite. Alors que la monoplace française était autrefois une rivale à surveiller, cette année, elle peine à rivaliser avec le peloton de tête, occupant régulièrement le rôle de backmarker. Une situation qui soulève de nombreuses interrogations sur les causes profondes de ses difficultés ainsi que sur les stratégies de relance envisagées pour 2026.
Dans ce contexte, il est essentiel d’analyser en profondeur le poids des facteurs techniques, stratégiques et réglementaires qui contribuent à ce statu quo. La performance d’Alpine en 2025 est marquée par une série de résultats décevants, illustrant un écart significatif avec les leaders du championnat, notamment Red Bull, Ferrari ou Mercedes. Ce constat n’est pas uniquement dû à une seule cause, mais résulte d’un ensemble de défis techniques et organisationnels que l’équipe doit désormais surmonter pour espérer un retour à la compétitivité.

Contexte de la saison 2025 — une année de transition difficile pour Alpine F1
La saison 2025 est la dernière de la génération actuelle de moteurs V6 hybrides, dont l’introduction remonte à 2014. Tout en conservant ces unités motrices, la FIA a imposé des restrictions et de nouvelles règles pour favoriser l’innovation et la performance. Cependant, pour Alpine, ces changements n’ont pas été bénéfiques dans l’immédiat, aggravant les difficultés déjà présentes.
Depuis le début de cette année, Alpine doit jongler avec plusieurs priorités : respecter un plafond budgétaire strict, intégrer de nouvelles réglementations techniques, assurer le développement d’une monoplace conforme pour 2026, et en même temps, tenter de maintenir une performance acceptable en course. La pression pour optimiser chaque aspect de la voiture est intenable, d’autant plus que le manque de puissance moteur, couplé à des faiblesses en aérodynamique et en gestion thermique, limite considérablement ses résultats.
Les essais durant la pré-saison et les premières courses ont souligné combien Alpine sous-performe, notamment en comparaison avec ses concurrents directs. La communication interne reste prudente, mais les signaux sont clairs : cette année est plus une période d’apprentissage et d’expérimentation que de résultats concrets. La gouvernance de Flavio Briatore insiste sur l’importance de préparer la monoplace de 2026, même si cela se fait au prix d’un retard évident en performance pure cette saison.
Performance et résultats d’Alpine — une lutte constante contre l’adversité
Alpine affiche un bilan chronologique qui en dit long sur la difficulté de la saison. Lors des Grands Prix de monza, Bakou, ou encore en Azerbaïdjan, l’équipe a terminé hors du top 15 à plusieurs reprises, ce qui est inédit depuis la création de la formation en F1 il y a plus de 40 ans.
Les pilotes Pierre Gasly et Franco Colapinto ont souffert d’un déficit évident. En qualifications, ils se retrouvent souvent en fin de peloton, et en course, le manque de rythme et la faiblesse de leur auto mènent à des classements décevants. Par exemple, lors du Grand Prix d’Italie, Alpine a été notablement lente, atteignant à peine 345 km/h en ligne droite contre 355 ou 364 km/h pour ses concurrents directs, comme Sauber ou Williams.
Ce déficit en puissance moteur n’est qu’une facette du problème. La stabilité du châssis, la gestion en courbe et la capacité à maîtriser la voiture dans des conditions difficiles comme la gestion des bousculades en Azerbaïdjan compliquent davantage la tâche. La faiblesse en vitesse de pointe est devenue une constante lors de nombreux GP, renforçant l’idée que la performance globale d’Alpine en 2025 est bien en deçà des attentes.
Résultats marquants et analyse des causes
- GP d’Italie (Monza) : Alpine termine loin dans le classement, la lenteur en ligne droite handicape toute tentative de dépassement ou de stratagème tactique.
- GP d’Azerbaïdjan : malgré une amélioration relative de la fiabilité, la voiture reste parmi les plus lentes, la faiblesse en aérodynamique se fait sentir dès que la piste se complexe.
- Incidents et déceptions : plusieurs pénalités et incidents de course ont impacté la confiance de l’équipe, tandis que les performances en qualification restent désespérément faibles.
Les pilotes eux-mêmes ont exprimé leur frustration, tout en soulignant l’importance de rester concentrés pour la suite de la saison. Cependant, il est évident que le véritable objectif pour Alpine en 2025 est de continuer à accumuler des données, en vue de faire évoluer la voiture pour la saison suivante.
Facteurs influençant le statut de backmarker — un ensemble de causes cumulatives
Plusieurs éléments expliquent en partie pourquoi Alpine occupe cette position de backmarker en 2025. La pesée des causes révèle une complexité technique et stratégique.
Tout d’abord, la puissance moteur insuffisante est un facteur déterminant. La faiblesse du groupe propulseur limite la vitesse en ligne droite, indispensable sur circuits rapides comme Monza ou Silverstone. Lors du GP d’Espagne, par exemple, Alpine a atteint à peine 330 km/h, contre plus de 350 km/h chez ses concurrents directs.
En outre, le châssis et l’aérodynamique sont encore en deçà des standards nécessaires pour rivaliser dans le peloton de tête. La stabilité en courbes lentes et la gestion des bosses, comme à Baku, sont problématiques. La capacité d’adaptation à chaque circuit est également compromise par un déficit de développement, notamment en termes d’appui et de capacité à générer de la charge dans des conditions variables.
Par ailleurs, la priorité pour 2026 oblige l’équipe à se concentrer sur la gestion du budget et la réduction des coûts, ce qui limite ses investissements en R&D cette année. Cette stratégie d’optimisation a certes permis de respecter le plafond, mais freine considérablement l’évolution de la voiture cette saison.
Détails techniques et réglementations
Les marges de manœuvre en matière de design auto sont très limitées par la nouvelle réglementation 2025, qui impose des restrictions sur les réglages aérodynamiques et la distribution de la puissance. La direction d’Alpine a choisi d’interpréter ces règles prudemment, mais cela a freiné tout véritable progrès.
L’intervention de la FIA pour encadrer la performance et éviter que de petits teams ne monopolisent le grid complique encore la situation. La possibilité de collaborer avec Mercedes comme fournisseur moteur pourrait constituer une solution à moyen terme, en contrepartie d’un compromis stratégique.
Perspectives et actions futures — une préparation pour mieux repartir en 2026
Face à ces déceptions, Alpine a décidé de revoir ses priorités pour la saison 2026. L’objectif est clair : bâtir une monoplace compétitive, capable de rivaliser pour des podiums et peut-être même des victoires. Pour cela, l’équipe s’attache à respecter un plan de développement rigoureux, intégrant l’évolution réglementaire, la réduction des coûts et la recherche de nouveaux partenaires.
La possibilité de devenir client Mercedes pour le moteur est activement explorée, sachant que cette collaboration pourrait offrir à Alpine un gain de compétitivité immédiat, tout en respectant le cadre du plafond budgétaire. Selon les dirigeants, la clé sera de maximiser les ressources allouées au développement de la nouvelle voiture dès cette année, tout en tirant parti de l’expérience accumulée en 2025.
Les ambitions pour 2026 ne s’arrêtent pas là. Alpine vise des podiums, voire des victoires, avec une monoplace revisitée et un groupe motopropulseur plus puissant. Mais le chemin sera semé d’embûches, notamment si les autres constructeurs continuent à innover rapidement.
En attendant, cette année reste une étape essentielle pour apprendre, ajuster et préparer la relance. La saison 2025 de backmarker d’Alpine n’est pas une fin en soi, mais un passage obligé pour retrouver la voie de la performance.
Ce qu’il faut retenir : Alpine doit capitaliser sur ses erreurs et ses réussites pour se repositionner rapidement. La patience et l’adaptation seront maîtres-mots si l’on veut que la marque au losange retrouve sa place parmi l’élite dans la prochaine génération de F1. Pour cela, suivre de près ses développements en cours et comprendre ses défis est incontournable, tout comme le fait d’analyser ses choix stratégiques et techniques à l’aube de 2026.
Par Jeremy Bastonde
Jeremy Bastonde est un passionné de Formule 1 et de sport automobile. Sur Pitstop Insight, il partage ses analyses et ses insights sur les courses, les équipes et les pilotes grâce à son expertise en stratégie de course et en technologie F1.