Alonso et Newey: l’espoir renaît chez Aston Martin après le GP du Mexique 2025

F1

Fernando Alonso traverse une période difficile avec Aston Martin lors du Grand Prix du Mexique 2025, mais l’Espagnol garde espoir pour l’avenir grâce à l’arrivée d’Adrian Newey dans l’écurie britannique. Qualifié en 14e position sur la grille de départ, le double champion du monde ne cache pas sa frustration face à une monoplace qui manque cruellement de performance sur le circuit de l’Autodromo Hermanos Rodriguez.

La situation est d’autant plus préoccupante que cette contre-performance mexicaine s’inscrit dans une tendance récurrente pour l’écurie de Silverstone. Depuis son arrivée chez Aston Martin, Alonso a vu l’écurie alterner entre moments d’espoir et désillusions. Mais avec l’arrivée du légendaire concepteur Adrian Newey en mars dernier, l’optimisme reste de mise pour les saisons à venir, même si les résultats immédiats se font attendre.

adrian-newey-aston-martin-mexico-gp-2025-alonso_0.jpg

Alonso mise ses espoirs sur Adrian Newey pour comprendre les difficultés au Mexique

Le circuit mexicain reste une énigme non résolue pour Aston Martin. Fernando Alonso n’a pas mâché ses mots après les qualifications, soulignant que l’équipe était “lente tout le week-end” et que Mexico et Las Vegas représentent “sur le papier, les pires circuits” pour leur monoplace AMR25. Cette honnêteté brutale reflète la frustration d’un pilote qui attend davantage de sa machine.

L’historique d’Aston Martin au Mexique est effectivement peu reluisant. Comme l’a rappelé Alonso, l’équipe a été “dernière en 2023, dernière en 2024, et maintenant nous avons des difficultés en 2025”. Bien que légèrement exagéré - Alonso avait qualifié 13e lors des deux éditions précédentes - le constat reste sévère. Cette constance dans la contre-performance sur ce tracé spécifique révèle un problème fondamental de compréhension de la voiture.

C’est précisément là qu’intervient l’espoir placé en Adrian Newey. Le génie aérodynamique, responsable de nombreux titres mondiaux chez Red Bull Racing, est attendu pour apporter son expertise unique. “Il y a quelque chose que nous n’avons toujours pas compris ici. On verra l’année prochaine si Adrian comprend mieux”, a déclaré Alonso avec un mélange d’attente et de pragmatisme.

L’altitude de Mexico City, située à plus de 2 200 mètres, pose des défis aérodynamiques particuliers que peu d’ingénieurs maîtrisent aussi bien que Newey. La densité de l’air réduite modifie radicalement le comportement aérodynamique des monoplaces, nécessitant des réglages spécifiques et une philosophie de conception adaptée. Si quelqu’un peut déchiffrer cette énigme mexicaine, c’est bien le concepteur britannique qui a démontré sa capacité d’adaptation sur tous les types de circuits pendant plus de trois décennies en Formule 1.

La patience sera néanmoins de mise. Newey travaille actuellement sur la monoplace 2026, celle qui devra exploiter le nouveau règlement technique. Son influence sur les performances immédiates reste donc limitée, même si ses observations et son analyse peuvent déjà apporter des pistes d’amélioration pour l’équipe basée à Silverstone.

Une régression préoccupante tout au long du week-end mexicain pour Aston Martin

Le phénomène décrit par Lance Stroll résume parfaitement le problème d’Aston Martin : la voiture “régresse généralement tout au long du week-end”. Cette tendance s’est une nouvelle fois confirmée au Mexique, où les deux pilotes figuraient dans le top 10 lors de la deuxième séance d’essais libres, avant de s’effondrer en qualifications avec Alonso 14e et Stroll relégué en 19e position.

Cette incapacité à transformer le rythme des essais libres en performances qualificatives constitue l’un des mystères les plus frustrants pour l’équipe. Alonso a d’ailleurs noté que “le vendredi, normalement, nous sommes troisième ou cinquième”, soulignant que sa huitième place lors des essais était déjà un mauvais présage pour la suite du week-end.

Stroll a été particulièrement direct dans son diagnostic : “Je n’ai pas d’adhérence, pas d’adhérence. C’est ce qui arrive souvent. Il y a une bonne adhérence à l’entraînement, et puis en qualifications, il n’y a plus d’adhérence.” Cette perte mystérieuse de grip suggère soit un problème de fenêtre de fonctionnement des pneumatiques, soit une difficulté à adapter les réglages aux conditions changeantes entre essais et qualifications.

Selon les informations relayées par Motorsport.com, cette situation reflète une incompréhension fondamentale du comportement de l’AMR25 dans certaines configurations. Les écarts de température de piste, la densité de l’air et l’évolution du grip au fil du week-end semblent prendre Aston Martin au dépourvu de manière récurrente.

Le fait qu’Alonso admette que l’équipe “ne mérite pas les points” en dit long sur l’ampleur du problème. Le pilote espagnol, réputé pour sa capacité à extraire le maximum d’une voiture, reconnaît que même son talent ne peut compenser les déficiences techniques de la monoplace sur ce circuit spécifique. “Nous n’avons pas le rythme du top 10”, a-t-il concédé sans détour.

Cette lucidité, bien que douloureuse, est également le signe d’une équipe qui n’a pas peur de regarder la réalité en face. C’est précisément cette honnêteté qui pourrait permettre à Adrian Newey d’identifier rapidement les faiblesses structurelles de l’approche actuelle et de proposer des solutions radicales pour les saisons à venir.

Alonso mise ses espoirs sur une stratégie agressive au départ du GP du Mexique

Face à un déficit de performance évident, Fernando Alonso sait que sa seule chance de marquer des points repose sur un premier tour spectaculaire. Le pilote asturien a clairement affiché ses intentions : “Nous serons agressifs” au départ, profitant du chaos habituel qui règne dans les premiers virages du circuit mexicain.

Les trois premiers virages de l’Autodromo Hermanos Rodriguez sont notoirement étroits, créant souvent un goulet d’étranglement spectaculaire lors du premier tour. Alonso voit dans cette configuration une opportunité : “Clairement trop étroits pour 20 voitures”, a-t-il observé, ajoutant que “le premier tour et le départ seront la clé, non seulement pour nous et pour les points, mais aussi pour les positions sur le podium, pour la victoire, pour tout.”

Cette analyse stratégique démontre l’expérience incomparable d’Alonso. Avec plus de 380 départs en Grand Prix à son actif, l’Espagnol sait exactement où et quand prendre des risques calculés. Le premier virage mexicain, une longue courbe à droite après une ligne droite de près de 800 mètres, offre plusieurs trajectoires possibles et crée inévitablement des situations de course serrées.

L’objectif est clair : gagner le maximum de positions dans les premiers hectomètres de course, car comme l’a souligné Alonso, « c’est ensuite difficile de dépasser » sur ce circuit. Malgré la longue ligne droite et la zone DRS, l’altitude de Mexico rend l’aspiration moins efficace qu’ailleurs, et les dépassements en course restent relativement rares une fois l’ordre initial établi.

Selon Motorsport.com, Alonso cherchera à exploiter toute “anomalie dans la course” pour se hisser dans les points. Cette approche opportuniste, caractéristique du style de pilotage du double champion du monde, sera essentielle pour transformer une 14e place sur la grille en un résultat positif.

La stratégie pneumatique jouera également un rôle crucial. L’usure élevée des pneus au Mexique, combinée à la possibilité d’interventions de la voiture de sécurité, pourrait offrir des opportunités stratégiques. Alonso et son ingénieur de course devront rester vigilants et prêts à saisir chaque occasion pour remonter dans le classement.

Adrian Newey, l’atout majeur d’Aston Martin pour rebondir après le GP du Mexique

L’arrivée d’Adrian Newey chez Aston Martin en mars 2025 représente indéniablement le plus gros coup de l’écurie depuis sa renaissance sous l’ère Lawrence Stroll. Le concepteur britannique, crédité de plus de 200 victoires en Formule 1 et de multiples titres mondiaux, incarne l’ambition de l’équipe de Silverstone de rejoindre l’élite du plateau.

Newey ne travaille pas sur la monoplace actuelle, mais se concentre entièrement sur le projet 2026 et la nouvelle réglementation technique qui accompagnera ce changement d’ère. Cette approche fait sens : plutôt que de bricoler sur une philosophie de conception existante, le génie britannique part d’une feuille blanche pour créer une monoplace qui exploitera pleinement le nouveau règlement aérodynamique et motorique.

L’expertise de Newey dans la compréhension des besoins des pilotes est légendaire. Son approche méthodique, qui consiste à avoir des conversations approfondies avec les pilotes pour comprendre exactement ce qu’ils ressentent au volant, contraste avec l’approche plus orientée données de nombreux concepteurs modernes. Cette capacité à traduire les sensations subjectives d’un pilote en solutions techniques objectives a été l’un des secrets de son succès prolongé.

Pour Fernando Alonso, collaborer avec Newey représente l’aboutissement d’une carrière. Les deux hommes se sont affrontés pendant des années, Alonso pilotant les Renault et McLaren face aux Red Bull de Newey. Maintenant alliés, ils forment potentiellement l’une des combinaisons pilote-concepteur les plus redoutables de l’histoire récente de la Formule 1.

Le défi sera de taille. Aston Martin doit non seulement rattraper son retard technique actuel, mais aussi rivaliser avec des équipes établies comme Red Bull, Ferrari et Mercedes qui disposent de ressources considérables et d’années d’expérience au sommet. La nouvelle usine de l’équipe et sa soufflerie ultramoderne fourniront à Newey les outils nécessaires, mais le temps nécessaire pour que ces investissements portent leurs fruits reste une inconnue.

Les commentaires d’Alonso sur le fait que Newey pourrait “comprendre mieux” les problèmes spécifiques de circuits comme Mexico révèlent l’ampleur des attentes placées en lui. Le concepteur britannique devra décoder les faiblesses fondamentales de l’approche actuelle d’Aston Martin et proposer une philosophie radicalement différente pour 2026.

La fenêtre d’opportunité pour Alonso se rétrécit. À 44 ans, l’Espagnol n’a probablement plus beaucoup de saisons devant lui au plus haut niveau. La saison 2026, première avec une monoplace conçue par Newey, pourrait donc représenter sa dernière véritable chance de décrocher un troisième titre mondial tant convoité. Cette urgence temporelle ajoute une dimension supplémentaire à un partenariat déjà chargé d’attentes énormes.


Le Grand Prix du Mexique 2025 restera comme un rappel brutal des défis qui attendent Aston Martin. La 14e place en qualifications de Fernando Alonso et l’aveu que l’équipe “ne mérite pas les points” illustrent l’ampleur du travail restant à accomplir. Mais au-delà de cette déception immédiate, l’Espagnol garde les yeux rivés sur l’horizon 2026 et l’arrivée d’Adrian Newey dans le processus de conception.

L’expérience mexicaine souligne également l’importance de comprendre le comportement des monoplaces dans des conditions extrêmes comme l’altitude. Si Newey parvient à résoudre ces énigmes techniques qui ont échappé à l’équipe pendant trois saisons consécutives, Aston Martin pourrait enfin transformer son potentiel sur papier en résultats sur piste. Pour Alonso, la patience sera la clé, même si chaque course sans résultat rappelle que le temps presse dans sa quête d’un troisième titre mondial.

Photo de profil de Jeremy Bastonde, auteur sur PitStopInsight

Par Jeremy Bastonde

Jeremy Bastonde est un passionné de Formule 1 et de sport automobile. Sur Pitstop Insight, il partage ses analyses et ses insights sur les courses, les équipes et les pilotes grâce à son expertise en stratégie de course et en technologie F1.