Aleix Espargaró, ancien pilote usine Aprilia en MotoGP, a annoncé qu’il abandonnait le cyclisme professionnel après une saison 2025 marquée par des blessures récurrentes. Recruté comme pilote d’essais par Honda à la fin de l’année 2024, l’Espagnol avait tenté de mener de front son nouveau rôle en MotoGP et une aventure dans l’équipe professionnelle Lidl-Trek. Mais des chutes à vélo ont compromis ses engagements, le poussant à choisir prioritairement les motos.
Lors du grand prix de Valence, Espargaró a expliqué cette décision prise sous l’insistance de son manager chez Honda, Alberto Puig. Cette pause dans le cyclisme arrive à un moment clé pour l’équipe japonaise, qui sort d’une seconde partie de saison 2025 encourageante et prépare les réglementations techniques de 2027.

Le parcours récent d’Espargaró entre MotoGP et cyclisme
Aleix Espargaró a mis un terme à sa carrière en MotoGP à plein temps à l’issue du Solidarity Grand Prix 2024, concluant sept ans chez Aprilia. Il avait brillé par sa régularité et ses victoires isolées, comme celle de Catalogne en 2022. Chez Honda, il a rapidement pris un rôle de développement, participant à quatre wildcards en 2025 malgré ses contraintes.
Parallèlement, il s’est engagé avec Lidl-Trek, une équipe WorldTour du cyclisme professionnel. Cette double casquette semblait excitante, mêlant sa passion pour le vélo – un sport qu’il pratique depuis des années pour son entraînement – à son expertise moto. Autosport rapporte qu’il prévoyait plus de courses à vélo, mais les blessures en ont décidé autrement.
Les incidents se sont succédé : deux chutes consécutives l’ont privé de remplacer Somkiat Chantra, blessé, au grand prix de Hongrie. L’équipe LCR Honda s’est retrouvée à nouveau avec un seul pilote titulaire. Ces absences ont alerté Honda, qui compte sur lui pour son retour en forme.
Espargaró a reconnu ses limites dans une interview : « J’étais probablement dans l’erreur. Je ne savais pas calibrer mon rôle de pilote d’essais. Tout était nouveau pour moi, et je pensais pouvoir gérer les deux, mais ce n’est pas le cas. »
Les blessures qui ont tout changé
La goutte d’eau a été une grave chute à vélo avant le grand prix de Barcelone, suivant directement Hongrie. Espargaró est arrivé épuisé, avec trois vertèbres fracturées. « Il y a eu un tournant à Barcelone », a-t-il confié aux médias à Valence. « J’étais complètement épuisé avec trois vertèbres cassées du vélo. »
Alberto Puig, manager de Honda, l’a convoqué pour une discussion franche : « Il m’a dit qu’il comprenait ma passion pour les vélos, mais que c’était Honda et que je devais être plus concentré. Il avait absolument raison. » Cette intervention a été décisive, marquant la fin de ses ambitions cyclistes professionnelles.
Ces blessures illustrent les risques d’un tel cumul. Le cyclisme pro exige un entraînement intense, avec des chutes fréquentes sur routes escarpées. Pour un pilote MotoGP, déjà soumis à des contraintes physiques extrêmes, c’est un cocktail explosif.
Malgré cela, Espargaró reste lié à Lidl-Trek : « L’année prochaine, je reste avec l’équipe, mais je ne courrai pas professionnellement. Je m’entraînerai juste avec eux et serai plus focalisé sur Honda. »
Les implications pour Honda et le MotoGP
Honda a progressé en 2025, passant du groupe D avec concessions au groupe C. Cela interdit désormais aux pilotes de course les essais privés, rendant le rôle d’Espargaró crucial. Il sera le fer de lance du développement pour 2026 et surtout 2027, avec les nouveaux règlements incluant des pneus Pirelli.
« Alberto et les Japonais m’ont demandé un double développement l’année prochaine, avec la moto 2026 et la nouvelle 2027 avec pneus Pirelli », ajoute-t-il. Cela signifie des semaines intenses en piste, sans distractions.
Historiquement, les pilotes d’essais comme Espargaró ont été pivots pour Honda : pensons à Cal Crutchlow, qui a aidé à relancer l’équipe avant son retrait. Son expérience Aprilia sur les moteurs et châssis modernes sera un atout majeur.
- Avantages pour Honda : Focus total d’Espargaró sur les tests, gain de temps précieux sans concessions.
- Défis 2027 : Nouveaux moteurs 850cc (déjà testés à Sepang malgré la pluie), pneus Pirelli remplaçant Michelin.
- Calendrier : Pas d’essais privés pour les titulaires, augmentant la pression sur les testeurs.
Perspectives pour 2026 et au-delà
En se recentrant, Espargaró sécurise son avenir chez Honda, qui mise sur lui pour concurrencer Ducati et Aprilia. Sa forme physique revenue sera clé, surtout après ces pépins.
Cette décision sonne comme un retour aux sources pour un pilote de 36 ans (en 2025), priorisant la moto qui l’a fait roi. Les fans de MotoGP y voient un signal positif : Honda pourrait rebondir plus vite.
Reste à voir si cette pause cycliste est définitive. Pour l’instant, elle pave la voie à une année 2026 dédiée aux prototypes, avec un œil sur le titre pilotes et constructeurs. Honda, revigoré, pourrait surprendre dès l’an prochain. Motorsport.com souligne que sans upgrades moteur, Honda n’aurait pas été dans le top 10 fin 2025 – un crédit à Espargaró.
Cette évolution illustre les sacrifices des pilotes d’élite : passion partagée, mais choix impitoyables pour performer au sommet.
Questions fréquemment posées
Par Jeremy Bastonde
Jeremy Bastonde est un passionné de Formule 1 et de sport automobile. Sur Pitstop Insight, il partage ses analyses et ses insights sur les courses, les équipes et les pilotes grâce à son expertise en stratégie de course et en technologie F1.