À la merci de l'unité de puissance : les plaintes de Norris et Verstappen sur la F1 2026 persistent

À Suzuka, lors du Grand Prix du Japon 2026, Lando Norris a terminé cinquième, un résultat qu’il voit comme un signe de progrès pour McLaren, surtout avec la solide performance d’Oscar Piastri. Pourtant, le pilote britannique n’a pas caché sa frustration face à la course en général. Le reigning champion du monde reste insatisfait des nouvelles règles, en particulier celles concernant l’unité de puissance.[1][2]

Norris pointe du doigt un effet yo-yo qui rend les dépassements inutiles et le place à la merci de la batterie. Max Verstappen partage cette opinion, soulignant comment la configuration de Suzuka expose les faiblesses des réglementations 2026. Ces critiques s’inscrivent dans un débat plus large sur l’électrification accrue des moteurs.

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Les frustrations de Lando Norris face à l’effet yo-yo

Lando Norris a été franc sur les problèmes rencontrés lors de la course à Suzuka. « Honnêtement, certaines phases de course, je n’avais même pas envie de dépasser Lewis. C’est juste que ma batterie se déploie, je ne veux pas qu’elle se déploie, mais je ne peux pas la contrôler », a-t-il expliqué à Autosport.[1]

Après avoir dépassé Hamilton dans le dernier chicane, Norris s’est retrouvé sans énergie sur la ligne droite principale. La batterie s’est vidée à nouveau en raison d’un déploiement intempestif dans le virage 130R, où il a dû lever le pied pour éviter une collision. « Le problème, c’est qu’elle se déploie dans le 130R. Je dois lever, sinon je rentre dedans, et ensuite je ne peux pas remettre les gaz. Si je remets les gaz, la batterie se redéploie. »

Ce manque de contrôle frustre profondément le pilote McLaren. « Quand on est juste à la merci de ce que délivre l’unité de puissance, le pilote devrait au moins en avoir le contrôle, et ce n’est pas le cas. » Norris insiste sur le fait que les dépassements perdent toute valeur, transformant la course en un jeu de gestion énergétique imprévisible.

Le problème survient surtout en mode dépassement, activé quand un pilote est à moins d’une seconde du véhicule devant. À Suzuka, cela a coûté cher à Norris, qui n’avait plus de batterie pour défendre contre le pilote Ferrari à la fin de la ligne droite départ-arrivée.

Malgré ces difficultés, McLaren montre des avancées. Piastri a brillé, confirmant que l’équipe progresse, mais Norris appelle à des ajustements pour restaurer l’authenticité de la course.[3]

Verstappen et les pièges de la configuration de Suzuka

Max Verstappen partage pleinement les vues de Norris. Le Néerlandais explique que le tracé de Suzuka révèle les difficultés à chronométrer un dépassement sans se retrouver vulnérable ensuite. « En général, il faut être très prudent avec l’utilisation de la batterie. C’est un peu tricky », a-t-il déclaré.[1]

Il pointe la longue ligne droite avant le 130R, suivie d’une petite chicane puis d’une autre longue ligne droite. Les pilotes ne peuvent recharger la batterie que dans le Triangle Casio et en clippedant le 130R, ce qui fait chuter les vitesses de manière spectaculaire.

« Si tu déploies sur une ligne droite, tu n’as rien sur l’autre. Sur d’autres circuits, après une longue ligne droite, il y a quelques virages pour recharger, ici non », ajoute Verstappen. Cela rend l’utilisation de la batterie inefficace, surtout là où les dépassements sont traditionnellement possibles.

Verstappen regrette que les pilotes ne puissent plus attaquer aux endroits habituels. Le layout de Suzuka amplifie les faiblesses des règles 2026, avec seulement un virage pour recharger avant une nouvelle ligne droite.

Red Bull souffre aussi de problèmes plus larges, comme une voiture « undriveable » à Suzuka selon Isack Hadjar, mais Verstappen met l’accent sur l’unité de puissance.[4]

Le contexte des nouvelles règles d’unités de puissance 2026

Les réglementations 2026 introduisent des unités de puissance hybrides avec une électrification accrue : 50/50 entre thermique et électrique, sans MGU-H, MGU-K à 350 kW, et carburants 100% durables. Le mode dépassement et la gestion batterie visent plus d’overtakes, mais créent du chaos.[5]

À Melbourne, l’ouverture, on a vu jusqu’à 120 dépassements artificiels dus au déploiement batterie. À Suzuka, les qualifications ont paradoxalement montré : « plus on pousse, plus on ralentit », en raison des limites énergétiques strictes.[2] Pour en savoir plus sur ce paradoxe aux qualifications du GP du Japon 2026, lire cet article.

  • Déploiement batterie : Automatique en mode attaque, mais imprévisible.
  • Recharge limitée : Difficile sur circuits comme Suzuka avec peu de freinages.
  • Effet yo-yo : Dépassement suivi d’une perte immédiate de puissance.

La FIA envisage des ajustements, comme booster la puissance thermique en qualifications ou limiter la durée batterie. Des tests à 130°C sur les ratios de compression ont été votés.

Contrairement à Verstappen, Lewis Hamilton défend les règles pour leur simplicité hybride. Découvrez pourquoi ici.

Perspectives et appels à l’amélioration

Norris espère que la FIA agisse : « Oui, certaines choses peuvent être améliorées, mais la FIA le sait, j’espère qu’ils le font. La course peut sembler géniale à la TV, mais de l’intérieur, ce n’est pas aussi authentique qu’il le devrait. »

Verstappen motive la FIA à contrer le yo-yo racing. Des idées circulent, comme une augmentation de la puissance ICE pour les qualifications, potentiellement dès Miami.

Malgré les plaintes, des victoires comme celle d’Antonelli à Suzuka (aidée par la safety car après le crash de Bearman) montrent du spectacle. Détails sur la course ici.[1]

La saison 2026 est jeune, mais ces critiques soulignent l’urgence d’équilibrer innovation et pilotage pur. Les prochaines courses révéleront si la FIA réagit vite.

Ces ajustements pourraient restaurer le contrôle aux pilotes et rendre les dépassements plus naturels, préservant l’essence de la F1. Reste à voir l’impact sur le championnat naissant.

Photo de profil de Jeremy Bastonde, auteur sur PitStopInsight

Par Jeremy Bastonde

Jeremy Bastonde est un passionné de Formule 1 et de sport automobile. Sur Pitstop Insight, il partage ses analyses et ses insights sur les courses, les équipes et les pilotes grâce à son expertise en stratégie de course et en technologie F1.